28 novembre 2014

Monétisation des médias numériques : Tendances, observations clés et stratégies efficaces

Cette étude porte sur l’évolution des modèles de monétisation des médias numériques interactifs et fait état de stratégies et d’histoires à succès à la fois au Canada et sur la scène internationale. 
Le terme monétisation renvoie généralement aux méthodes que les entreprises utilisent pour extraire de la valeur de leur propriété intellectuelle afin d’en générer des recettes. L’étude fournit aussi des renseignements sur le marché qui intéresseront les bailleurs de fonds de médias numériques interactifs qui pourraient également servir à soutenir des modèles de monétisation plus robustes.
Les auteurs se sont concentrés principalement sur des jeux et des applications, mais le rapport présente aussi un survol de possibilités en matière de monétisation pour le contenu « convergent » produit en prolongement d’émissions de télévision ou relativement à celles-ci. 
Selon l’étude, les entreprises qui cherchent à monétiser leur contenu numérique doivent de plus en plus trouver des moyens d’entrer en communication avec les consommateurs sur un nombre croissant de plateformes de diffusion et avoir recours à un éventail de modèles de monétisation, de stratégies de prix et de tactiques. 
Les consultants ont procédé à une revue de littérature internationale et nationale, interviewé dix-neuf dirigeants de l’industrie et dressé le profil de stratégies de monétisation sélectionnées qu’utilisent huit entreprises canadiennes afin d’en tirer des leçons et de présenter des modèles de revenu novateurs.
Étude disponible en anglais seulement (cliquez ICI).
Source : FMC Veille

4 novembre 2014

La SVOD, la nouvelle manne des studios hollywoodiens

RBC Capital Markets vient de publier une étude qui révèle que la SVOD est en passe de devenir une source de revenus essentielle pour les studios américains. Un phénomène qui ne devrait pas tarder à se propager à l’Europe.
BlackList, une des séries achetées par Netflix aux Etats-Unis
A eux trois, Netflix, Amazon et Hulu ont acheté pour 5,2 milliards de dollars de droits en 2014. Ils en dépenseront 6,8 en 2015 et ce chiffre doublera dans les prochaines années.Les revenus « digitaux » qui ne rapportaient quasiment rien en 2009, ont rattrapé et dépassé ce que les grands networks TV rapportent chaque année aux studios. La SVOD est désormais à la poursuite du câble qui investira 18,4 milliards de dollars en droits en 2015. Au total, la TV, le câble et la SVOD rapporteront 29,5 milliards de dollars aux studios.
Netflix, plus qu’une ambition
L’exemple le plus frappant est évidemment celui de Netflix qui, selon les propos de David Bank, l’auteur du rapport de RBC, dépensera 3 milliards de dollars en 2015, puis entre 3 et 4 en 2016 et enfin entre 3 et 9 milliards de dollars en 2017. Pour mémoire, Reed Hastings, le CEO de Netflix avait indiqué que 10% des achats de droits seraient consacrés à des productions originales, soit entre 300 et 900 millions de dollars sur les 3 prochaines années. A ce niveau d’engagement, il semble difficile de pouvoir rivaliser avec le champion de la SVOD.
En effet, les prévisions d’investissement dans les droits pour 2015 montrent l’écart entre Netflix et ses principaux rivaux américains : là où Netflix investira 3,3 milliards de dollars, Amazon y consacrera 1,7 milliards et Hulu 1,5 milliard. Le fossé est déjà en train de se creuser, surtout que Netflix a pris une longueur d’avance à l’international, ce qui lui permet de fait de mieux amortir ses investissements.


CBS, grand vainqueur de la vente de  droits numériques
Côté studios, l’étude indique que les 4 grands bénéficiaires seront CBS, 21st Century Fox, Time Warner et Lionsgate, avec un impact très important en termes de revenus pour CBS et Lionsgate, alors que pour les 2 grandes majors l’impact de la SVOD sera forcément dilué compte tenu de leur volume de chiffre d’affaires sur leurs autres activités. Selon l’étude de RBC Capital Markets, les recettes SVOD des studios en 2015 seront les suivantes, avec un très net avantage à CBS qui a négocié pas moins de 6 accords de distribution : 


Ce classement ne prend pas en compte Gaumont International Television qui est sans doute le studio d’origine européenne à réaliser le volume d’affaires le plus important en matière de droits SVOD. En effet, grâce à Hemlock Grove (3 saisons), Narcos et maintenant F is for Family, Gaumont se positionne comme l’un des partenaires récurrent et stratégique de Netflix. D’autant que Gaumont a su se diversifier en signant des deals TV classiques avec NBC (Hannibal) et 21st Century Fox (2 projets  de séries).

Narcos, la prochaine série produite par Gaumont - D.R.

Les prix à l’épisode s’envolent
Généralement les studios ont pour habitude de vendre les droits de leurs séries en syndication, c’est-à-dire à plusieurs diffuseurs, aux opérateurs du câble et aux chaînes de télévision, sur le territoire a américain et à l’international. Mais l’arrivée de Netflix et d’Amazon sur le marché des droits est en train de faire évoluer le modèle : d’une part parce que ces plateformes de SVOD prennent des engagements sur des productions originales dont ils ont l’exclusivité, ensuite parce qu’elles se positionnent sur des fenêtres de première exclusivité, comme le font habituellement les chaînes payantes. Cette nouvelle demande de séries provoque inévitablement une forte pression sur les prix si bien qu’on assiste à une augmentation des prix d’achat à l’épisode. L’étude de RBC apporte un éclairage très intéressant à ce sujet :


Cette envolée des prix de vente n’est pas liée qu’à la compétition entre les acheteurs. Les coûts de production ont eux-mêmes explosé : un épisode de Mad Men coûte de 2,5 à 3 millions de dollars, un épisode de The Big Bang Theory 2 millions de dollars, un épisode de Downton Abbey 1 million de livres. Mais le record absolu est détenu par Game of Thrones : un épisode coûte entre 6 et 8 millions de dollars. 

Vers un nouvel écosytème
Pour David Bank, l’arrivée des nouveaux acteurs de la SVOD sur le marché des droits, n’aura pas d’incidence importante pour les studios car un bon nombre des séries acquises par Netflix et Amazon sortent des principaux studios. Cependant, il convient de se poser des questions sur la manière dont seront gérés les droits captés par les plateformes de SVOD à terme. En effet, une fois les droits achetés par Netflix ou Amazon, pour une diffusion mondiale que va-t-il se passer  sur les autres catégories de droits ?  Car au vu des sommes engagées, on peut supposer que les plateformes de SVOD vont avoir un niveau d’exigence extrême sur les droits. 

Quid des exploitations en TV (payante ou gratuite) en dehors des Etats-Unis, quid des droits DVD ? Combien de temps ces séries resteront-elles accessibles sur ces plateformes ? Quels holdbacks les plateformes SVOD imposeront-elles aux autres exploitations ? Pour l’instant et compte tenu du peu de recul dont dispose le marché, tous les droits ont été exploités, en particulier à l’international : House of Cards a été diffusé par Canal +, le DVD et le Blu-ray sont disponibles en France, édités par le studio (Sony). Orange is The New Black, une série originale exclusive de Netflix est sortie en DVD/Blu-ray aux Etats-Unis et est même disponible en EST via Ultraviolet. Mais quid de sa sortie en France ? 
Dans le même ordre d’idée, Hemlock Grove, série originale de Netflix et produite par Gaumont est disponible en DVD aux Etats-Unis, mais pas en France pour le moment. D’après nos informations, Gaumont Video sortira le dvd des 3 saisons mais à une date ultérieure, compte tenu des accords passés avec Netflix.

Le Blu-ray de Orange is the New Black avec sa version UltraViolet - D.R.

Pour tous ceux qui rêvent de voir la SVOD comme un accélérateur de la circulation des séries, ce n’est pas forcément gagné. Finalement, si vous n’êtes pas abonné à tel ou tel service de SVOD, vous n’aurez pas accès à une offre légale de la série que vous aimez en dehors de la plateforme, ce qui revient à ce que nous avons toujours connu : pour voir Game of Thrones, il faut un abonnement à OCS, pour voirHouse of Cards en première fenêtre, un abonnement à Canal Plus. Et maintenant pour voir Orange is the New Black, le point de passage est Netfix auquel il faut s’abonner. Pire encore, les séries exclusives à Amazon ne sont pas disponibles en France !

Une manne pour les studios, une opportunité pour de nouveaux acteurs.
Et pendant que la France continue à produire des rapports en tous genres sur la crise de la production audiovisuelle, le marché continue de s’organiser pour répondre à cette nouvelle demande. Gaumont International et Federation Entertainment sont pour l’instant les deux premiers producteurs français à avoir signé avec Netflix. Sans doute le début d’une longue série car le marché de la production de séries dédiées à la SVOD n’en est qu’à ses prémices. CanalPlay a aussi investi dans des séries avec son label Digital Revelation (H+, The Village green et Bait), preuve que les lignes commencent à bouger. Une magnifique occasion pour des producteurs français de se lancer dans l’aventure de la SVOD internationale en misant sur leur créativité et leur talent. En attendant le prochain rapport qui nous expliquera que le meilleur moyen d’assurer la survie du secteur n’est plus de privilégier une intégration verticale de la production sous la houlette des chaînes TV ni de repenser le modèle de soutien financier à la création, mais plutôt de partir à la conquête de la planète SVOD, en négociant les meilleurs accords possibles avec les nouveaux tycoons. Business is business.

Source : http://www.zdnet.fr/actualites/la-svod-la-nouvelle-manne-des-studios-hollywoodiens-39808453.htm

30 septembre 2014

Le Plan culturel numérique du Québec : un investissement de 110 M$ pour notre culture, chez nous, partout

Québec, le 29 septembre 2014. ─ Le premier ministre du Québec, M. Philippe Couillard, et la ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Mme Hélène David, ont dévoilé aujourd’hui le Plan culturel numérique du Québec, qui vise à soutenir le développement de la culture numérique au Québec.

« Notre culture nous définit et nous en ferons la promotion partout. Pour que notre culture soit disponible au plus grand nombre, nous devons soutenir les milieux culturels de manière structurée et concertée pour nous assurer de la présence des œuvres et des produits culturels québécois, d’abord chez nous, et ailleurs dans le monde. Le numérique est une dimension incontournable de notre société contemporaine et un levier de développement économique pour tout le réseau de la culture. Soutenir la transition du milieu vers l’univers numérique est une responsabilité que nous partageons collectivement pour que le Québec puisse s’exprimer pleinement », a déclaré M. Couillard.
Ce plan prévoit un investissement de 110 M$, dont une somme de 100 M$ est prévue sur sept ans dans le Plan québécois des infrastructures (PQI). De plus, des crédits supplémentaires de 10 M$ sont prévus sur trois ans afin d’assurer une présence croissante de la culture québécoise dans l’espace numérique. Ce montant important donnera les moyens aux organismes culturels d’amorcer au maximum le virage numérique.

Le Plan culturel numérique du Québec découle d’une concertation sans précédent du ministère de la Culture et des Communications, des organismes issus des milieux artistiques et culturels ainsi que des 12 sociétés d’État du portefeuille ministériel.

Il a pour but de donner les moyens aux acteurs du milieu culturel de créer et d’innover dans un contexte technologique en pleine effervescence. Il favorise également la diffusion de la culture québécoise au plus grand nombre. Les trois grandes actions autour desquelles s’articule ce plan sont d’ailleurs :
·         Créer des contenus culturels numériques;
·         Innover pour s’adapter à la culture numérique;
·         Diffuser des contenus culturels numériques afin d’assurer leur accessibilité.

« Le numérique touche l’ensemble des secteurs culturels, soit les arts de la scène et dramatiques, les arts et les lettres, le cinéma, la lecture et le livre, les médias, les métiers d’art, la muséologie, la musique et le patrimoine. C’est un puissant vecteur de transmission de la culture et du patrimoine et il se révèle d’ailleurs un excellent moyen de développer les clientèles pour l’ensemble de l’offre culturelle du Québec », a ajouté Mme David.

Pour les exercices financiers de 2014 à 2016, une somme de 36 M$ a été répartie entre les sociétés d’État issues du portefeuille ministériel culturel et des organismes qui travaillent dans les milieux de la culture et des communications. Plus de cinquante mesures concrètes ont été annoncées.

La parole aux acteurs du milieu
Un espace d’échange d’idées à propos de la culture numérique a également été créé à partir de la plateforme Cocoriko. La population, les créateurs et les spécialistes du numérique sont invités à venir y discuter d’enjeux touchant l’essor de la culture numérique au Québec et même au-delà de ses frontières. L’organisme responsable d’alimenter les discussions est Culture pour tous, dont la mission est de promouvoir et de favoriser la démocratisation des arts et de la culture au Québec.

Pour de plus amples renseignements à propos du Plan culturel numérique du Québec, visitez le site Web au  www.culturenumerique.mcc.gouv.qc.ca.

Source : http://www.premier-ministre.gouv.qc.ca/actualites/communiques/details.asp?idcommunique=2531

Veuillez noter que le Regroupement pour la formation en audiovisuel du Québec (RFAVQ) est cité dans l’axe Innover pour s’adapter à la culture numérique, mesure #21.

26 septembre 2014

Étude : Le processus de choix de contenu audiovisuel des Canadiens

Une étude commandée par Téléfilm Canada, la SODEC et le Fonds des médias du Canada indique que les séries télévisées prendraient le pas sur les longs métrages et confirme que les films sont surtout vus à la télévision

Montréal, le 25 septembre 2014 — Les nouvelles technologies influencent les habitudes de consommation du contenu audiovisuel tout en accroissant son accessibilité. Une étude sur le processus de choix de contenu audiovisuel des Canadiens, commandée par Téléfilm Canada, la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et le Fonds des médias du Canada (FMC), et s’appuyant sur les résultats de groupes de discussion organisés à travers le pays, indique notamment que les séries télévisées prendraient maintenant le pas sur les films et confirme que ces derniers sont surtout regardés à la télévision. Par ailleurs, les consommateurs rechercheraient de plus en plus un accès instantané aux produits audiovisuels disponibles sur une foule de plateformes.

L’étude visait à mieux comprendre, de façon qualitative, les nouvelles attentes des consommateurs, comment ils prennent leurs décisions d’écoute, les sources qu’ils consultent pour prendre ces décisions, l’impact des plateformes numériques sur leurs choix et leurs perceptions à l’égard de l’industrie. La firme montréalaise de recherche marketing Ad hoc recherche a organisé huit groupes de discussion à Sherbrooke, Montréal, Toronto et Vancouver, auxquels ont participé au total une soixantaine de grands consommateurs de films et de séries télévisées âgés de 25 à 59 ans et correspondant aux profils Branchés/Superconsommateurs et Actifs à la maison (on trouvera ici une description de ces segments du marché tels que décrits dans une étude précédente menée de concert avec HEC Montréal et Ad hoc recherche). Compte tenu de la nature qualitative de l’étude, les résultats obtenus ne peuvent être généralisés de manière statistique; cependant, la convergence des opinions sur plusieurs sujets permet d’identifier des tendances lourdes.

L’étude complète est disponible ici.

« Comme je l’ai indiqué récemment dans le cadre de l’audience du CRTC Parlons télé : une conversation avec les Canadiens, je crois que l’innovation, en termes d’accessibilité et d’engagement des consommateurs, est essentielle si nous voulons que le contenu canadien interpelle réellement les auditoires », a dit Carolle Brabant, directrice générale de Téléfilm Canada. « Chaque fois que le contenu est présenté au grand écran, diffusé à la télévision ou rendu disponible sur les plateformes numériques, nous avons une occasion en or de faire rayonner le talent canadien, non seulement chez nous, mais dans le monde entier. »

Monique Simard, présidente et chef de la direction de la SODEC, a ajouté : « Le phénomène de la multiplication des écrans s’avère très positif, car cela permet une écoute plus diversifiée des produits culturels et une plus grande accessibilté. »

Valerie Creighton, présidente et chef de la direction du FMC, poursuit : « Les choix technologiques offerts de nos jours transforment les habitudes de consommation de divertissement en une expérience personnalisée, mobile et sur demande que chacun peut partager. Ce nouveau rapport fournit des données confirmant que les Canadiens souhaitent avoir accès à du contenu partout, en tout temps, sur la plateforme de leur choix. »

Les faits saillants de l’étude
·       L’instantanéité semble devenir la norme et le contenu vidéo est plus accessible que jamais. L’écran de télévision demeure l’écran principal, mais, selon les participants à l’étude, la consommation de contenu a pris un virage vers du visionnement sur demande, exempt de publicité, grâce, entre autres, à l’enregistreur numérique personnel, à la diffusion en continu, au téléchargement gratuit et à la vidéo sur demande. La formule de l’abonnement semble de loin préférée à un format à la pièce ou gratuit avec publicité.
·       La distinction entre l’univers des films et des séries paraît de plus en plus floue, ce qui avantagerait les séries. En effet, une partie du temps d’écoute des films semble aujourd’hui se transférer vers les séries télé. Nombreuses, de grande qualité, les séries tiennent les spectateurs en haleine sur de longues périodes, sont disponibles de façon instantanée sur plusieurs plateformes et peuvent être vues en rafale. Le visionnement des séries en rafale (« binge watching ») est d’ailleurs désormais une habitude très répandue.
·       On sait déjà que la majorité des films sont écoutés à la maison, cependant leur choix semble assujetti à l’envie du moment, alors que les sorties au cinéma, plus coûteuses et souvent réservées aux grandes productions, seraient devenues un événement social, avec un choix de film souvent prédéterminé.
·       Si les bandes-annonces apparaissent comme la principale manière dont les consommateurs découvrent les films, le bouche-à-oreille, incluant les réseaux sociaux, semble être celle des séries. Pour être choisi par les consommateurs, un film doit faire parler de lui partout, idéalement sur toutes les plateformes.
·       Sans surprise, l’industrie québécoise semble bien se porter en raison de son star-système distinct et du sentiment de fierté et d’appartenance qu’elle suscite. Les discussions entendues ont confirmé que les films québécois séduisent par leur humour et leur proximité avec la réalité de leur public.
·       L’industrie anglophone semble demeurer peu connue et faire l’objet de certaines perceptions négatives. Cependant, plusieurs participants ont mentionné que leur perception s’améliorait en général quand on leur donnait des exemples précis de films canadiens, ce qui démontre l’importance de la promotion.
·       Les participants ont jugé le développement de l’industrie canadienne souhaitable, puisque tous ont indiqué chercher du bon contenu, mais ce contenu serait jugé au même titre que le meilleur de l’offre existante.

À propos Téléfilm Canada
Téléfilm Canada est vouée à la réussite de l’industrie audiovisuelle canadienne sur les plans culturel, commercial et industriel. Grâce à ses différents programmes de financement et de promotion, Téléfilm appuie des entreprises dynamiques et des créateurs de talent ici et à l’international. Téléfilm administre aussi les programmes du Fonds des médias du Canada. Visitez telefilm.ca et suivez-nous sur Twitter au twitter.com/telefilm_canada et Facebook au www.facebook.com/TelefilmCanada.FR.

À propos de la Société de développement des entreprises culturelles
La SODEC est une société d’État qui relève de la ministre de la Culture et des Communications du Québec. Elle est un véritable moteur du développement de la culture avec le mandat de promouvoir et soutenir l’implantation et le développement des entreprises culturelles au Québec. De plus, elle assure la présence collective de ces entreprises dans les foires, festivals et marchés internationaux. Suivez la SODEC sur Facebook, Twitter et visitez le www.sodec.gouv.qc.ca.

 

23 septembre 2014

Un rapport brosse un tableau des possibilités de coproduction internationale en médias numériques

Le rapport met l’accent sur l’Australie, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande

TORONTO, le 23 septembre 2014 — Aujourd’hui, Interactive Ontario a publié un nouveau rapport conçu pour orienter les producteurs de contenus médias numériques interactifs canadiens quant aux possibilités de coproduction internationale. Coproductions internationales en médias numériques : guide pour les entreprises canadiennes a été créé en collaboration avec DEEP Inc. et Amythos Media grâce au financement de la Société de développement de l’industrie des médias de l’Ontario, du Fonds des médias du Canada (FMC) et du Fonds Bell.

Les coproductions en médias numériques ne sont pas couvertes par le cadre officiel des coproductions régies par un traité. Néanmoins, en octobre 2013 plusieurs organismes canadiens de financement ont lancé le Cadre de coproduction internationale en médias numériques afin de faciliter l’admissibilité des coproductions en médias numériques à leurs programmes. Le Fonds Bell, le FMC, le Fonds indépendant de production, le Fonds Québecor et le Fonds Shaw-Rocket ont tous convenu de définitions, de critères d’admissibilité et du seuil de participation canadienne en vue de reconnaître et de promouvoir les coproductions internationales en médias numériques entre le Canada et d’autres pays. Grâce au cadre, il est désormais beaucoup plus simple pour les non-Canadiens de travailler avec des Canadiens, car les lignes directrices ont été harmonisées.

Le rapport sert de guide détaillé pour les entreprises canadiennes qui souhaitent collaborer avec des créateurs de contenu dans d’autres marchés. Il expose les raisons pour lesquelles une entreprise canadienne peut choisir une coproduction, notamment combler les lacunes de financement, entreprendre des projets de grande envergure et avoir accès à de nouveaux auditoires, ainsi que certaines difficultés pouvant surgir.

En outre, le rapport offre de l’information utile sur les sources de financement à explorer en Australie, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande.

Le rapport a été publié à l’occasion d’un groupe de discussion, à Toronto, dans le cadre de la série mensuelle iLunch d’Interactive Ontario. Le groupe de discussion était composé de :
  • Kelly Lynne Ashton, chercheuse et auteure du rapport
  • Andra Sheffer, directrice générale, Fonds Bell
  • Catalina Briceño, directrice de la Veille stratégique, FMC
  • Patrick Crowe, propriétaire de Xenophile Media
Vous pouvez consulter le rapport en ligne à www.trends.cmf-fmc.ca/fr/.

À propos d’Interactive Ontario
Interactive Ontario (IO) est une association professionnelle à but non lucratif gérée par ses membres, qui a à cœur la croissance de l’industrie du contenu numérique interactif de l’Ontario. IO est la voix de l’industrie interactive de la province. L’organisme représente des entreprises d’apprentissage en ligne, de jeux vidéo, de développement d’applications mobiles, de narration en ligne, de médias sociaux et d’autres formes de médias numériques interactifs. Parmi les activités organisées par IO, citons le X-Summit, GameON: Finance, la série de réseautage Interact et la série iLunch.

À propos du Fonds des médias du Canada
Le Fonds des médias du Canada (FMC) favorise, développe, finance et promeut la production de contenus canadiens et d’applications pour toutes les plateformes audiovisuelles. En outre, il oriente les contenus canadiens vers un environnement numérique mondial concurrentiel en soutenant l’innovation de l’industrie, en récompensant le succès, en favorisant la diversité des voix et en encourageant l’accès à des contenus grâce à des partenariats avec les secteurs publics et privés. Veuillez visite www.cmf-fmc.ca.


Le FMC publie Canadaalecran.ca, un site conçu pour présenter et célébrer les talents créatifs et les productions télévisuelles et médias numériques du Canada, allant des productions pour la télévision aux jeux, en passant par le contenu Web, les logiciels et les applications.

16 septembre 2014

La recommandation, passage obligé pour les diffuseurs

(Source : Radio-Canada)
Par Guy St-OngeChef du Groupe de la veille stratégique, Radio-Canada
 “It’s not information overload. It’s filter failure.”
(« Le problème n’est pas la surcharge d'information, mais la défaillance des filtres. »)
Clay Shirky, spécialiste américain des aspects sociaux et économiques d'internet.
 Trop de choix tue le choix
La fragmentation des offres et la concurrence de toutes parts amènent les médias à remettre en question leurs stratégies de diffusion. Pour être lu, vu, écouté, aimé, encore faut-il que le contenu émerge du bruit et parvienne à la conscience des gens. D’un point de vue “mise en marché de l’inventaire”, les contenus s’accumulent dans la longue traîne de la chaîne de production et ne parviennent plus à faire le plein optimal d’auditoire.
Face à cette surabondance d’expériences et de contenus, nous atteignons le point de saturation. C’est le paradoxe du choix, décrit par le blogueur Barry Schwartz[1]. Pour retrouver un équilibre, la notion de repère, de guide, d’assistant personnel s’offre aux éditeurs. Les systèmes de recommandations peuvent permettre aux médias de diffuser leurs produits avec plus de pertinence, pourvu qu’ils investissent en retour dans la relation avec les auditoires, afin de mieux comprendre les intérêts et attentes des utilisateurs, et raffinent l’offre en conséquence.
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La recommandation en trois piliers
Trois systèmes servent à faire circuler l’information : les choix éditoriaux, le partage social et les algorithmes. Les médias disposent de l’expérience des “curateurs” naturels (personnel d’antenne et créateurs, mais aussi des employés mobilisés qui exploitent leurs propres réseaux personnels ou professionnels). Il leur est aussi possible de miser sur le partage par leurs adeptes ou les outils de recommandation automatisés.

Tisser la toile : les exemples d’Amazon, Facebook, Netflix
Amazon a jeté les bases de la recommandation au siècle dernier (« vous aimez ceci, vous aimerez cela »). Un redoutable outil de gestion des stocks, qui sera probablement utile à Jeff Bezos pour faire mousser les articles de son nouveau joujou, le Washington Post. Aujourd’hui, les réseaux sociaux ont raffiné le graphe. L’accumulation des “likes” et autres données comportementales a permis de tisser la plus grande toile sociologique à ce jour. Plus d’un milliard d’humains n’ont plus rien à se cacher, au grand plaisir de Facebook, qui exploite une régie pub prometteuse et décide de ce qui apparaît ou pas sur notre fil d’info, via son algorithme.
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Netflix  “écoule son inventaire” avec une précision chirurgicale à des dizaines de millions de membres, dans une cinquantaine de pays. Près de 75% des visionnements sont déclenchés par les recommandations de l’algorithme[2]. Plus de 800 ingénieurs y travaillent, une quarantaine d’employés classent les films et séries en fonction de métadonnées presque aussi pointues que « films noirs de 1960 avec une actrice dont le prénom commence par la lettre T »... 
Netflix tire parti des visionnements précédents et des “événements” (pause, retour en arrière, abandon en cours d’écoute) pour raffiner sans cesse ses propositions, prenant soin de conserver une certaine “sérendipité” - ou hasards heureux -, afin de crever le “filter bubble”[3], ce risque de s’enfoncer dans un seul genre de contenus, ou de ne pas “grandir” avec l’utilisateur, alors qu’il avance dans la vie et que ses intérêts changent. Netflix a même lancé le jeu Max[4] pour la PlayStation, qui questionne de façon humoristique les participants sur leurs acteurs favoris, afin de raffiner les suggestions futures.
Les publicitaires se prennent à rêver d’un accès à cette base de données pour y cibler des consommateurs potentiels. On imagine la valeur d’un tel algorithme qui nous connaît à ce point et pourrait évoluer en nous proposant des sorties cinéma, des destinations vacances ou des partenaires de squash.
C’est d’ailleurs cette “mammouthesque” base qui a permis au géant américain du streaming de donner le feu vert à la série originale House of Cards, sans tourner de pilote au préalable. En analysant soigneusement les comportements des abonnés, ils ont pu concevoir une production avec des acteurs et une intrigue en adéquation avec les préférences des utilisateurs.
Face à l’efficacité de la machine, on peut se demander si la curation par l’humain est appelée à disparaître. Les grilles horaires, les choix éditoriaux seront-ils remplacés par des automates personnalisés qui devineront ce dont on a besoin avant même de l’exprimer? Le PDG de Netflix, Reed Hastings avoue que, malgré des millions investis dans son algorithme, la recommandation par des pairs a encore beaucoup d’influence. Les réseaux sociaux permettent une “atomisation” des contenus pour mieux les partager et les recommander[5], mais surtout un feedback direct des auditoires. La sagesse des foules s’exprime également par les sites de critiques comme Rotten Tomatoes ou Metacritics, offrant un système de recommandations autorégulé. La mise en contexte par les “experts”, jumelée aux liens partagés par les collègues et proches stimulerait certaines actions que même le plus performant des algorithmes ne peut accomplir (pour le moment?).
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Le partage des données, un enjeu
Présentement, chaque algorithme fonctionne en autarcie. Nos profils Netflix ou Amazon ne communiquent pas entre eux. Ces joueurs connaissent une partie de nous seulement. Facebook a un avantage avec son système de login unifié, qui permet un certain partage de données entre les services, mais les craintes liées à la vie privée (parlez-en à la NSA…) sont encore un frein à un profilage plus holistique.
On imagine le potentiel du croisement des données d’utilisation numériques avec les habitudes d’achat dans le monde physique. Autant de points d’information qui bonifieront les algorithmes de recommandation de joueurs comme Google, Apple, mais aussi les fournisseurs de services de télécommunications, qui engrangent aussi les données client de leurs boîtiers décodeurs (set top boxes) et réseaux Wi-Fi. Au Canada, l’opérateur Bell (diffuseur, fournisseur en téléphonie, mobilité et internet) s'est attiré récemment les foudres des organismes de défense des consommateurs et de la Commissaire à la vie privée, pour avoir voulu partager des infos personnelles avec d'autres entreprises[6].
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Quelles occasions pour les diffuseurs publics?
Les diffuseurs publics n’ont pas les moyens des joueurs privés. Ils devront peut-être s’allier avec des partenaires (éditeurs numériques, géants du web, fondations) pour accélérer leur transformation et profiter des systèmes déjà en place en matière d’algorithmes et de collecte de données. On pense à Facebook, qui partage des données en temps réel avec les diffuseurs et offre des outils[7], ainsi que Twitter et son programme Amplify[8]. Les diffuseurs pourront négocier leur place chez différents partenaires ou agrégateurs, ou développer leur propre écosystème de chaînes de contenus (la BBC vient de dévoiler un plan pour personnaliser l’accès à ses services[9]). Les attentes en matière d’éthique, de confidentialité, d’intégrité et d’usage des données sont plus élevées pour les diffuseurs publics, des facteurs à prendre en compte au moment d’investir dans de tels systèmes.
Une véritable “course à l’armement” est engagée pour colliger le plus efficacement les données des utilisateurs. Les joueurs majeurs disposent d’écosystèmes englobant des moteurs de recherche, des réseaux sociaux, du hardware, des services, des contenus, des canaux et des données. Certains entrevoient la mutation des magazines, chaînes télé et radio vers des applications et services de diffusion à la demande, exploitant le feedback des utilisateurs. Des interfaces combinant les aspects éditoriaux, sociaux et algorithmiques, avec des histoires choisies par la rédaction, des suggestions d’amis et des recommandations personnalisées - y compris en pub[10].
Des questions demeurent : quel est le volume optimal de contenus qu’un diffuseur devrait produire pour rejoindre chaque public? Quel niveau de dialogue souhaite-t-on atteindre avec nos auditoires et pour quelles fins? Le défi pour quiconque publie sur le web maintenant est de saisir le potentiel des différents types de filtres et mécanismes de rétroaction, adapter sa stratégie pour être plus en adéquation avec les auditoires, et apparaître comme un phare de pertinence dans cette mer de choix. 
Guy St-Onge
Chef, Groupe de veille stratégique, Radio-Canada
Source : 
guy radio C








[2] voir cet article de Wired (http://wrd.cm/16Qh0tQ) ou un extrait rigolo sur CBC avec le PDG Reed Hastings (http://bit.ly/16Qh7p3)
[3] http://bit.ly/16QwiyF Le site de Eli Pariser sur le concept du “filter bubble”
[4] http://nflx.it/13DgZ9n Le billet sur le blogue de Netflix qui explique le jeu Max.
[5] Radio-Canada a développé en ce sens l’audio fil, un lecteur radio qui facilite la découverte et le partage des extraits d’émissions http://bit.ly/17vCH8p
[6] http://bit.ly/17vFkqW « Ils sauront pratiquement tout sur vous », explique le professeur en droit Michael Geist de l'Université d'Ottawa. « Ils sauront littéralement quelles pages web vous avez visitées, les termes de recherche que vous utilisez, où vous êtes, quelles applications vous utilisez, quelles émissions de télévision vous regardez, même vos habitudes d'appel », ajoute ce spécialiste du droit et des technologies.
[7] http://bit.ly/17vFdvj Article de ZDNet (MIPCOM 2013 : Facebook ouvre ses API TV à TF1, Canal+, et d'autres acteurs internationaux)
[8] http://bit.ly/17vFheI Détail du programme Amplify de Twitter sur leur blogue
[9] http://bbc.in/164JuoB Discours du PDG Tony Hall, le 8 octobre 2013.
[10] Même le site de conférences TED.com y pense dans le cadre de son revamping : http://bit.ly/16Qv5Yj